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Eau d'étang verte et trouble, riche en nutriments, avec des algues flottantes le long de la rive

Eutrophisation de l'étang : causes, phosphates et solutions

Mis à jour le 1er novembre 2026 · Les experts Foudebassin, experts depuis 1998

L'eutrophisation est un enrichissement excessif de l'eau en nutriments, surtout en phosphore, qui fait proliférer algues et plantes. Leur décomposition consomme l'oxygène et nourrit la vase, qui relargue à son tour des nutriments. Pour la freiner, on agit dans l'ordre : réduire les apports, oxygéner le fond, digérer la matière organique accumulée, faire absorber les nutriments par les plantes, et seulement ensuite fixer le phosphate restant.

35 µg/Lde phosphore total : début de l'eutrophie
100 µg/Lde phosphore total : hyper-eutrophie au-delà
× 0,33pour passer des mg/L de PO₄ aux mg/L de phosphore
95 %de rétention apparente du phosphore en têtes de bassin françaises

Eutrophisation : de quoi parle-t-on ?

Les chercheurs du CNRS la définissent comme une hausse de la production primaire, liée à un apport excessif de nutriments. Elle s'accompagne d'une hausse de la respiration et de la décomposition, qui peut conduire à un manque d'oxygène dans l'eau. Dans un étang, cela se traduit par une eau verte ou trouble, des algues filamenteuses, des lentilles d'eau, une vase qui s'épaissit, des odeurs, parfois des poissons asphyxiés.

Le phosphore est souvent le nutriment qui freine la croissance en eau douce, d'où l'attention portée aux phosphates. L'azote joue aussi son rôle : dans plus d'un quart des études passées en revue, la biomasse ne réagit qu'à un apport combiné d'azote et de phosphore.

Le cycle qui s'auto-entretient 1. Apports feuilles, nourriture, ruissellement 2. Prolifération algues, lentilles d'eau, eau trouble ou verte 3. Dépôt au fond matière morte = vase, oxygène consommé 4. Relargage le phosphore du fond repasse dans l'eau Le cercle se referme
Un étang eutrophe entretient lui-même son excès de nutriments (schéma simplifié).

Le point 4 du cycle est celui que l'on oublie. Dans la couche oxydée des sédiments, les phosphates sont accrochés à des oxydes de fer. Quand le fond bascule dans l'anoxie, ces oxydes se dissolvent et libèrent le phosphate vers l'eau. Pour que cela se produise, l'absence d'oxygène ne suffit pas : il faut aussi un réducteur, comme des sulfures ou de la matière organique fraîche. Un fond chargé de feuilles décomposées et privé d'oxygène est exactement ce scénario.

D'où viennent les phosphates de votre étang ?

Source Pourquoi c'est un problème Que faire
Feuilles et débris végétaux Ils se décomposent au fond et alimentent la vase Filet d'automne, ramassage régulier
Nourrissage des poissons Les restes et les déjections enrichissent l'eau Donner ce que les poissons consomment rapidement
Déjections d'animaux Apport direct de phosphore (oiseaux d'eau, bétail ayant accès à l'eau) Clôturer l'accès au bétail, prévoir un abreuvoir à part
Ruissellement, drains, engrais Apport de phosphore et d'azote depuis le bassin versant Bande enherbée ou fossé tampon, pas d'engrais près de l'eau
La vase elle-même Stock interne relargué quand le fond manque d'oxygène Aération et bactéries
Eau de remplissage Teneur variable selon l'origine Tester avant de remplir

Le phosphore s'accumule plus qu'il ne s'évacue. Dans les têtes de bassin françaises, la rétention apparente atteint 95 % (± 29) selon les travaux cités par le CNRS, surtout dans les sédiments. Les apports diffus agricoles y sont estimés à environ 0,31 kg de phosphore par hectare et par an : peu à l'hectare, mais un étang est un piège à nutriments. Nous creusons aussi ce lien dans pourquoi les lentilles d'eau reviennent.

Mesurer : où en est votre étang ?

Les limnologues classent les plans d'eau selon leur teneur en phosphore total. Les tests vendus pour les bassins mesurent plutôt des phosphates (PO₄), exprimés en mg/L : la table ci-dessous donne l'équivalent.

Échelle trophique : phosphore total Ultra-oligotrophemoins de 4 µg/LOligotrophe4 à 10 µg/LMésotrophe10 à 20 µg/LMéso-eutrophe20 à 35 µg/LEutrophe35 à 100 µg/LHyper-eutropheplus de 100 µg/L Plus on descend, plus l'eau est riche
Classes trophiques selon le phosphore total (Environnement et Changement climatique Canada).
Classe Phosphore total Équivalent en PO₄ (environ)
Oligotrophe 4 à 10 µg/L 0,01 à 0,03 mg/L
Mésotrophe 10 à 20 µg/L 0,03 à 0,06 mg/L
Méso-eutrophe 20 à 35 µg/L 0,06 à 0,11 mg/L
Eutrophe 35 à 100 µg/L 0,11 à 0,31 mg/L
Hyper-eutrophe plus de 100 µg/L plus de 0,31 mg/L

Conversion : 1 mg/L de PO₄ contient environ 0,33 mg/L de phosphore. Un test en gouttes donne un ordre de grandeur : comparez toujours les mesures entre elles, au même endroit et à la même saison.

Notre analyse d'eau gratuite vous aide à interpréter vos résultats, et le détail des phosphates se trouve dans phosphates dans l'étang : associer SeDox Max et aération.

Les solutions, dans le bon ordre

Les solutions, dans le bon ordre 1Couper les apportsfeuilles, nourriture, ruissellement2Oxygéner le fonddiffuseur et compresseur3Digérer la matière organiqueBactovase, Boost & Clean4Faire consommer par les plantesceinture de berge, récolte régulière5Fixer le phosphate restanten complément, jamais seul
Un traitement qui court-circuite les étapes 1 à 3 ne tient pas dans la durée.

1. Couper les apports

C'est la solution la plus durable et la moins chère : filet à feuilles, nourrissage mesuré, accès du bétail clôturé, bande enherbée entre les champs et l'eau. Sans cela, tout le reste vide un seau qui se remplit.

2. Oxygéner le fond

Un fond oxygéné garde son phosphore piégé dans le sédiment, et la matière organique s'y dégrade mieux. Un compresseur et un diffuseur suffisent pour beaucoup d'étangs : voir nos kits d'aération, nos diffuseurs et l'article aération de fond ou oxygénateur de surface.

3. Digérer la matière organique

Une fois l'oxygène présent, les bactéries travaillent mieux. Voici les deux solutions Aquipond que nous utilisons sur ce point, avec les dosages de leurs fiches.

Produit Rôle Dosage de la fiche
Bactovase (poudre) Bactéries qui dégradent la fraction organique de la vase ; ne remplace pas l'évacuation des dépôts minéraux 200 g/m² (200 m² et moins) ou 150 g/m² (au-delà), 2 épandages par an
Bactovase Liquide Bactéries liquides, utiles surtout à l'automne 1 L pour 20 m³ en mise en route, 1 L pour 40 m³ en entretien mensuel ; eau entre 6 et 25 °C
Boost & Clean Nettoyant biologique à oxygène actif : décolle les dépôts organiques, qui remontent 25 g/m³ dès 15 °C, au moins 15 jours entre deux applications
Attention : avec Boost & Clean, retirez à l'épuisette les matières qui remontent, sinon elles retombent au fond. Gardez la filtration et l'aération en marche. Avec Bactovase Liquide, coupez les lampes UV pendant les 24 heures qui suivent l'application.

4. Faire consommer les nutriments par les plantes

Une ceinture de plantes de marais et de plantes aquatiques absorbe des nutriments et concurrence les algues. Pour qu'elles les exportent vraiment, coupez et évacuez régulièrement les parties aériennes en fin de saison.

Espèces réglementées : ne plantez jamais les espèces de la liste de l'Union européenne (règlement UE 1143/2014), par exemple les jussies, le myriophylle du Brésil, le grand lagarosiphon, le cabomba ou la jacinthe d'eau. Si vous en repérez dans votre plan d'eau, signalez-le aux autorités compétentes de votre région au lieu de les déplacer.

5. Fixer le phosphate restant

En dernier, un fixateur de phosphate peut accompagner la démarche. Les PhosLess Direct d'OASE fixent le phosphate de l'eau et réduisent la croissance des algues, selon leur fiche. Utilisez-les en complément : si les apports ou la vase continuent d'alimenter l'eau, le phosphate reviendra. Pour suivre l'évolution, un test PO₄ en gouttes reste simple à utiliser.

Sur la plupart des étangs, nous retrouvons le même schéma : on traite une eau verte, mais le stock du fond continue de l'alimenter. Notre ordre de travail est donc toujours le même : mesurer, couper les apports, oxygéner, puis digérer. Pour un étang de quelques dizaines de m³, un kit compresseur et diffuseur peut suffire ; les ensembles professionnels sont réservés aux grands plans d'eau.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'eutrophisation d'un étang ?

C'est un enrichissement excessif de l'eau en nutriments, surtout en phosphore et en azote. Il fait augmenter la production d'algues et de plantes, puis la respiration et la décomposition, ce qui peut conduire à un manque d'oxygène dans l'eau.

Phosphates ou nitrates : lequel fait proliférer les algues ?

Le phosphore est souvent le nutriment qui limite la croissance en eau douce, d'où l'attention portée aux phosphates. L'azote peut aussi limiter : dans plus d'un quart des études analysées par les chercheurs, la biomasse ne réagit qu'à un apport combiné d'azote et de phosphore. Agir sur les deux sources reste donc le plus sûr.

À partir de quel taux de phosphates un étang est-il eutrophe ?

Selon la classification d'Environnement et Changement climatique Canada, un plan d'eau est eutrophe entre 35 et 100 µg/L de phosphore total, et hyper-eutrophe au-delà de 100 µg/L. En phosphates (PO₄), cela correspond à environ 0,11 et 0,31 mg/L. Un test en gouttes donne un ordre de grandeur, pas une valeur de laboratoire.

Peut-on faire marche arrière ?

Oui, mais progressivement. Il faut d'abord réduire les apports, puis vider le stock accumulé au fond, ce qui prend souvent plusieurs saisons. Aucun traitement ne remplace ce travail de fond : sans réduction des apports, le phosphate revient.

Les plantes aquatiques aident-elles ?

Oui : en poussant, elles absorbent des nutriments et font concurrence aux algues. Pour exporter vraiment ces nutriments, il faut couper et évacuer régulièrement les parties aériennes. Ne plantez jamais d'espèces de la liste de l'Union européenne (règlement UE 1143/2014), comme les jussies ou le myriophylle du Brésil.

Les bactéries suffisent-elles sans aération ?

Non. Les fiches de nos produits recommandent de les associer à une bonne aération du plan d'eau pour maximiser l'activité bactérienne. Sans oxygène, la matière organique se dégrade mal et le fond reste un réservoir de nutriments.

Sources consultées : CNRS-INEE, expertise collective sur l'eutrophisation, chapitre 5 · Environnement et Changement climatique Canada, Phosphorus in aquatic ecosystems · Liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l'Union européenne

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