Kohaku, Sanke, Showa, Ogon… Il existe plus d'une centaine de variétés de carpes koïs. Ce guide vous apprend à les reconnaître au premier coup d'œil, à lire leurs tailles et leur vocabulaire japonais, à comprendre ce qui fait le prix d'un koï et à le garder en pleine forme pendant des décennies.
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Le koï en quelques mots
La carpe koï (Cyprinus rubrofuscus, longtemps classée sous Cyprinus carpio) est née au Japon, dans les rizières de la région de Niigata, où des éleveurs ont sélectionné pendant deux siècles les mutations de couleur de la carpe commune. Les Japonais l'appellent nishikigoi, la « carpe brocart ». Un koï adulte mesure le plus souvent 60 à 80 cm et vit couramment 20 à 30 ans, souvent davantage, dans un bassin bien entretenu. C'est un poisson sociable, qui reconnaît la personne qui le nourrit et finit par manger dans la main.
Les variétés de carpes koïs en images
Les variétés se classent d'abord par familles. Le Gosanke (Kohaku, Sanke, Showa) forme le trio royal des concours. Viennent ensuite les koïs noirs et blancs ou jaunes (Utsurimono), les koïs à dos bleu (Asagi, Shusui), les koïs métalliques (Hikari) et les variétés « à part » regroupées sous le nom de Kawarimono.

Kohaku
La reconnaître : Corps blanc neige et grandes plages rouges (le « hi »). Rien d'autre : ni noir, ni jaune.
Ce qui fait un beau sujet : Un blanc pur sans jaunissement, un rouge profond et régulier, des bords nets entre les deux couleurs (le kiwa).
Pour qui : La variété de référence. Celle par laquelle presque tous les passionnés commencent… et finissent.

Taisho Sanke (Sanke)
La reconnaître : Le dessin rouge et blanc du Kohaku, plus de petites taches noires (sumi) posées sur le dos. La tête reste sans noir.
Ce qui fait un beau sujet : Un sumi peu nombreux, bien placé et d'un noir laqué ; des nageoires blanches ou finement rayées de noir.
Pour qui : Pour ceux qui aiment le Kohaku mais veulent une touche graphique en plus.

Showa Sanshoku (Showa)
La reconnaître : Trois couleurs comme le Sanke, mais le noir est la couleur de base : il enveloppe le corps en larges bandes et marque la tête.
Ce qui fait un beau sujet : Un noir qui descend sous la ligne latérale, des pectorales noires à la base (motoguro), un équilibre dynamique des trois couleurs.
Pour qui : Le koï le plus puissant visuellement. Son dessin évolue beaucoup avec l'âge.

Shiro Utsuri
La reconnaître : Noir et blanc uniquement. Le noir forme la base, le blanc s'inscrit dedans, la tête est marquée de noir.
Ce qui fait un beau sujet : Un blanc éclatant, un noir profond et brillant, un dessin qui s'équilibre des deux côtés du corps.
Pour qui : Un contraste maximal, très lisible depuis le bord du bassin.

Ki Utsuri
La reconnaître : Même construction que le Shiro Utsuri, mais avec du jaune citron à la place du blanc.
Ce qui fait un beau sujet : Un jaune vif et homogène. Variété plus rare, recherchée par les collectionneurs.
Pour qui : Pour sortir du rouge et blanc avec un koï très lumineux.

Shiro Bekko
La reconnaître : Corps blanc avec de petites taches noires alignées sur le dos. La tête est entièrement blanche.
Ce qui fait un beau sujet : Des taches noires nettes, bien espacées, sur un blanc immaculé. Existe aussi en rouge (Aka Bekko) et en jaune (Ki Bekko).
Pour qui : Un koï discret et élégant, qui reste abordable.

Asagi
La reconnaître : Dos bleu-gris où chaque écaille est bordée de clair (motif en filet), joues, ventre et base des nageoires orange-rouge.
Ce qui fait un beau sujet : Un réseau d'écailles régulier, une tête bleu pâle propre, un rouge symétrique sur les flancs.
Pour qui : L'une des plus anciennes variétés : le koï « historique ».

Shusui
La reconnaître : Version doitsu (sans écailles) de l'Asagi : dos bleu ciel lisse et une rangée de grosses écailles bleu foncé de chaque côté de la nageoire dorsale.
Ce qui fait un beau sujet : Des rangées d'écailles alignées sans trou, un bleu clair, un rouge bien réparti sur les flancs.
Pour qui : Très facile à reconnaître : idéal pour débuter une collection.

Ai Goromo
La reconnaître : Un Kohaku dont les écailles rouges sont bordées de bleu indigo, comme un tissu tissé. Le blanc et la tête restent nets.
Ce qui fait un beau sujet : Le bleu doit rester dans le rouge et ne pas déborder sur le blanc. Il se révèle et s'affirme avec l'âge.
Pour qui : Pour l'amateur qui veut un Kohaku différent, avec de la texture.

Goshiki
La reconnaître : « Cinq couleurs » : un réseau sombre bleu-noir sur fond blanc, à travers lequel apparaissent des plages rouges.
Ce qui fait un beau sujet : Il fonce dans une eau froide ou dure et s'éclaircit dans une eau chaude. Choisissez un rouge net sur un réseau régulier.
Pour qui : Un koï sombre et sophistiqué, très tendance.

Ogon (Yamabuki, Platinum, Orenji)
La reconnaître : Une seule couleur métallique, de la tête à la queue : or (Yamabuki), platine (Platinum) ou orange (Orenji).
Ce qui fait un beau sujet : Un brillant uniforme, tête comprise, et des nageoires lumineuses.
Pour qui : Le koï qui attire l'œil et devient vite apprivoisé. Parfait pour les familles.

Tancho
La reconnaître : Un seul rond rouge sur la tête, rien d'autre sur le corps. Clin d'œil au drapeau japonais et à la grue tancho.
Ce qui fait un beau sujet : Un rond bien centré entre les yeux, sans débordement, sur un blanc parfait. Existe en Tancho Sanke et Tancho Showa.
Pour qui : Un symbole fort au Japon. Un koï que l'on choisit avec le cœur.

Kujaku
La reconnaître : Base platine métallique avec un réseau d'écailles sombre, recouverte de plages rouge-orange brillantes.
Ce qui fait un beau sujet : Un réseau net et un rouge vif qui ne se dissout pas dans le métal.
Pour qui : Un koï « paon » spectaculaire au soleil.

Chagoi
La reconnaître : Un seul ton brun thé, de grandes écailles, un corps large et puissant.
Ce qui fait un beau sujet : Une croissance rapide et un caractère très calme : c'est souvent lui qui vient en premier manger dans la main et entraîne les autres.
Pour qui : Indispensable pour apprivoiser un groupe et pour viser de grandes tailles.

Kumonryu
La reconnaître : Doitsu noir et blanc au dessin tourbillonnant, comme un dragon dans les nuages.
Ce qui fait un beau sujet : Son dessin change au fil des saisons et des années (température, qualité de l'eau) : c'est sa signature, pas un défaut.
Pour qui : Pour ceux qui aiment les surprises.

Ochiba Shigure
La reconnaître : Fond gris-bleu avec des plages brun cuivré : « feuilles d'automne sur l'eau ».
Ce qui fait un beau sujet : Un contraste propre entre le gris et le brun, un réseau d'écailles régulier. Croissance souvent rapide.
Pour qui : Un koï poétique aux couleurs naturelles.

Gin Rin (Kin Gin Rin)
La reconnaître : Ce n'est pas une variété mais un type d'écailles : des écailles qui scintillent comme des paillettes. Existe sur presque toutes les variétés.
Ce qui fait un beau sujet : Des rangées d'écailles brillantes régulières sur le dos, sans trous.
Pour qui : Pour ajouter de l'éclat à n'importe quelle variété.

Koï Butterfly (longues nageoires)
La reconnaître : Des nageoires et une queue très longues, qui flottent comme des voiles.
Ce qui fait un beau sujet : Des nageoires saines, sans déchirure. Ces koïs restent un peu plus fins que les koïs classiques.
Pour qui : Un style très décoratif, magnifique vu du dessus.
Illustrations réalisées pour ce guide afin de montrer les dessins typiques de chaque variété. Chaque koï vivant est unique.
Les autres variétés à connaître
| Variété | Ce qui la distingue |
|---|---|
| Kigoi | Jaune citron uni, sans métal. |
| Soragoi | Gris-bleu uni ; calme et vite apprivoisé, comme le Chagoi. |
| Karashigoi | Jaune moutarde uni, croissance rapide. |
| Benigoi | Rouge uni, sans blanc. |
| Midorigoi | Doitsu vert-jaune, rare. |
| Hariwake | Métallique en deux couleurs : platine et or ou orange. |
| Kin Showa / Gin Shiro | Showa ou Shiro Utsuri au corps métallique. |
| Doitsu | Pas une variété : tout koï sans écailles ou avec une seule rangée sur le dos. |
| Kikokuryu | Kumonryu métallique. |
| Matsuba | Couleur unie avec un motif « pomme de pin » noir dans chaque écaille. |
Tailles et âges : tosai, nisai, jumbo
Les Japonais désignent un koï par son âge en hivers. Les tailles ci-dessous sont des repères : la croissance dépend de la lignée, du volume du bassin, de la température de l'eau et, beaucoup, de la qualité de la nourriture.
| Âge | Nom | Taille indicative |
|---|---|---|
| 1re année | Tosai | 10 à 25 cm |
| 2e année | Nisai | 25 à 45 cm |
| 3e année | Sansai | 35 à 55 cm |
| 4e année | Yonsai | 45 à 60 cm |
| 5e année et + | Gosai, Rokusai… | 55 à 70 cm et plus |
| Grand adulte | Jumbo | en général 75 à 80 cm et plus |
Le lexique du koï
Les mots que vous entendrez chez tous les éleveurs et passionnés :
| Terme | Signification |
|---|---|
| Nishikigoi | Le nom japonais du koï d'ornement : « carpe brocart ». |
| Hi | Le rouge. |
| Sumi | Le noir. |
| Shiroji | Le fond blanc ; s'il est propre et sans taches, la valeur du poisson grimpe. |
| Ki | Le jaune. |
| Kiwa | La limite arrière d'une plage de couleur ; nette, elle signe un bon koï. |
| Sashi | La limite avant d'une plage de couleur, où le rouge passe sous les écailles blanches. |
| Motoguro | Le noir à la base des nageoires pectorales (Showa, Utsuri). |
| Menware | Le noir qui fend la tête en éclair (Showa). |
| Kuchibeni | Du rouge sur les lèvres, comme du rouge à lèvres. |
| Maruten | Une tache rouge isolée sur la tête, en plus du dessin du corps. |
| Nidan / Sandan / Yondan | Deux, trois ou quatre plages rouges sur le dos. |
| Inazuma | Un rouge continu en zigzag, comme un éclair. |
| Tsubo sumi / Kasane sumi | Noir sur le blanc (tsubo) ou noir sur le rouge (kasane). |
| Doitsu | Koï sans écailles, ou avec une seule rangée le long du dos. |
| Gin Rin | Écailles scintillantes. |
| Hikari | Métallique. |
| Fukurin | Le liseré brillant autour des écailles des koïs métalliques. |
| Tosai / Nisai / Sansai | Koï dans sa première, deuxième ou troisième année. |
| Tejima | Fines rayures noires dans les nageoires pectorales, typiques du Sanke. |
| Tategoi | Un jeune koï jugé prometteur, qui doit encore se révéler. |
| Jumbo | Un koï de grande taille ; le seuil varie selon les éleveurs, en général 75 à 80 cm. |
| Oyagoi | Un reproducteur, le koï parent. |
| Tancho | Un rond rouge unique sur la tête. |
| Kawarimono | La famille de toutes les variétés non métalliques hors classement principal. |
| Gosanke | Le trio royal : Kohaku, Sanke, Showa. |
Le prix d'une carpe koï : ce qui le fait varier
- L'origine : un koï né dans un élevage japonais réputé coûte nettement plus cher qu'un koï élevé en Europe, à taille égale.
- La taille et l'âge : chaque centimètre représente des mois de soins et de nourriture chez l'éleveur.
- La variété : les Gosanke et certaines variétés rares (Ki Utsuri, Midorigoi) sont plus recherchés.
- La qualité : pureté du blanc, profondeur du rouge, netteté des bords, équilibre du dessin, forme du corps.
- Le potentiel : un jeune tategoi repéré comme prometteur se paie plus cher, car il peut encore embellir.
Choisir un koï en bonne santé
- Il nage avec aisance, nageoires bien déployées, et ne reste pas isolé au fond ou en surface.
- Sa peau est brillante, sans plaie, rougeur, voile blanchâtre ni écailles soulevées.
- Ses yeux sont clairs et ses ouïes bougent calmement.
- Son corps est symétrique, ni creusé ni gonflé.
- Il vient d'un bassin propre et ses voisins sont en forme eux aussi.
À l'arrivée, prévoyez une acclimatation progressive et, idéalement, une quarantaine de quelques semaines dans un bac de quarantaine avant de le mêler aux autres.
Le bassin idéal pour vos koïs
Un koï grandit vite et produit beaucoup de déchets. Son bassin doit être pensé grand, profond et bien filtré :
- Profondeur : au moins 1,20 à 1,50 m, pour traverser l'hiver et l'été sans stress.
- Filtration : faire passer tout le volume au moins une fois par heure dans un filtre de bassin adapté, avec une pompe dimensionnée en conséquence.
- Clarté : une lampe UV-C pour garder une eau limpide et voir vos koïs.
- Oxygène : une pompe à air et des diffuseurs, indispensables les nuits chaudes d'été.
- Surface propre : un skimmer qui retire feuilles, pollens et voile de surface.
- Protection : des solutions anti-héron ; un koï est une proie de choix.
- Contrôle : testez l'eau régulièrement avec un kit d'analyse (pH, KH, nitrites).
Bien nourrir ses koïs : ce qu'ils mangent devient leurs couleurs

On choisit un koï pour son rouge, son blanc, son noir. Mais ces couleurs, sa peau, sa croissance et même la clarté de votre eau se construisent chaque jour… dans la gamelle. Une nourriture se juge à trois choses : ce que le koï en tire, ce qu'il en rejette, et ce qu'elle laisse dans le bassin.
Pourquoi
Parce qu'un koï vous accompagne vingt ou trente ans. Chaque granulé compte : il nourrit ses couleurs, ses défenses et sa croissance, ou il finit en déchets dans votre filtre.
Comment
Aquifood est formulée et améliorée depuis des années par des passionnés de bassin, à partir des retours de nos propres bassins. Elle est fabriquée en France, ce qui est devenu rare sur le marché européen, avec des ingrédients sélectionnés, de la spiruline et des vitamines.
Quoi
Des granulés flottants très digestes, mangés en quelques minutes, qui ne laissent pas de voile à la surface. Trois calibres pour suivre vos koïs de tosai à jumbo, et une version au germe de blé pour les saisons fraîches.
Quel calibre d'Aquifood pour mes koïs ?
| Taille des koïs | Aquifood conseillée |
|---|---|
| Jusqu'à 20 cm (tosai) | Aquifood Mini 2–3 mm |
| 20 à 40 cm | Aquifood Medium 4–5 mm |
| Plus de 40 cm | Aquifood Maxi 6–7 mm |
| Eau entre 5 et 12 °C | Aquifood Wheat-Germ |
Nourrir selon la température de l'eau
| Eau | Que donner |
|---|---|
| Moins de 5 °C | On ne nourrit plus : la digestion est presque à l'arrêt. |
| 5 à 12 °C | Une petite ration au germe de blé, deux à trois fois par semaine, puis chaque jour quand l'eau se réchauffe. |
| 12 à 20 °C | Nourriture complète, une à deux fois par jour. |
| Plus de 20 °C | Nourriture complète, deux à quatre petites rations par jour, mangées en quelques minutes. |
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Questions fréquentes sur les carpes koïs
Combien coûte une carpe koï ?
Le prix d'une carpe koï dépend surtout de sa taille, de son origine (élevage japonais ou européen), de la variété et de la qualité de son dessin. Un tosai européen de 10 à 15 cm reste très accessible ; un koï japonais sélectionné de plus de 50 cm se négocie à un tout autre niveau. Le plus simple est de comparer des poissons de même taille et de même origine.
Quelle est la taille d'une carpe koï adulte ?
Une carpe koï adulte mesure le plus souvent 60 à 80 cm, parfois 90 cm et plus pour les grandes lignées japonaises. Au-delà de 75 à 80 cm environ, on parle de jumbo.
Combien de temps vit une carpe koï ?
Dans un bassin bien entretenu, une carpe koï vit couramment 20 à 30 ans, et souvent davantage. C'est un compagnon pour une bonne partie de votre vie.
Combien de koïs dans mon bassin ?
Comptez large : un koï adulte a besoin de beaucoup d'eau. Pour un bassin à koïs, visez un volume de plusieurs mètres cubes, au moins 1,20 à 1,50 m de profondeur et une filtration dimensionnée pour faire passer tout le volume au moins une fois par heure. Mieux vaut moins de poissons qu'un bassin surchargé.
Quelle est la différence entre un koï japonais et un koï européen ?
Le koï japonais vient des élevages de la région de Niigata et des grandes lignées sélectionnées depuis des générations. Le koï européen est élevé plus près de chez vous ; il est moins cher et souvent très robuste. Les deux font de très beaux poissons de bassin : tout dépend de votre objectif.
Quand nourrir ses koïs ?
La température de l'eau décide. En dessous de 5 °C, on arrête de nourrir. Entre 5 et 12 °C, une petite ration de nourriture au germe de blé, quelques fois par semaine puis tous les jours quand l'eau se réchauffe. Au-dessus de 12 °C, une nourriture complète, en petites rations mangées en quelques minutes.
Pourquoi un voile ou de la mousse apparaît à la surface de mon bassin ?
Un voile gras ou une mousse persistante vient souvent d'un excès de nourriture, d'une nourriture mal digérée ou trop riche en graisses, et d'une filtration qui n'arrive plus à suivre. Réduire les rations, nettoyer la mousse de surface avec un skimmer et choisir une nourriture très digeste règle la plupart des cas.
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